Parler de toi va-t-il de soi ?

Il est souvent, disons même toujours, difficile de se lancer dans de nouveaux projets. Généralement, on ne se sent pas légitime. Ensuite il y a les idées. Les idées qui fusent. Les idées qui se refusent…

Un blog a pour particularité le fait de pouvoir être écrit par tout un chacun. Et, finalement, à partir du moment où on en a envie, on est légitime. Par définition, un blog est un site web, « utilisé pour la publication périodique et régulière d’articles, généralement succincts, et rendant compte d’une actualité autour d’un sujet donné ou d’une profession. A la manière d’un journal intime (…) » (Merci Wiki!).

Pour la profession, ok, on y est. En revanche, pour la partie « journal intime », il est toujours délicat, en tant que psychologue, de parler de soi. D’ailleurs, au cours de nos études, on ne cesse de nous répéter que nous nous devons d’être en permanence neutre et bienveillant. Aussi devons nous garder une certaine distance, qui se veut être thérapeutique, avec nos patients. Évidemment, derrière le psychologue que nous sommes, il y a notre spécificité théorique et surtout, l’être humain que nous sommes. Dans les champs théoriques, nous retrouvons, entre bien d’autres, la psychanalyse ou la thérapie cognitivo-comportementale mais aussi (ouf!) les thérapies humanistes et existentielles. Le psychanalyste est souvent plus distant et laisse libre cours aux associations de son patient. Le thérapeute cognitivo-comportemental, quant à lui, est beaucoup plus présent/actif en séance (grosso merdo c’est ça). Il se doit d’être authentique. Il intervient davantage. Il donne régulièrement des échelles d’évaluation et des exercices à ses patients. Il peut aussi lui donner des exemples : et quoi de plus authentique que de donner des exemples de sa vie à lui. On se rapproche ici de la thérapie existentielle : créer une véritable relation authentique et humaine avec son patient. Il y a donc des thérapeutes plus ou moins frileux à parler de soi.

Ecrire un blog, en tant que thérapeute, ne va donc pas de soi, la difficulté étant double :

1. Démarrer un blog – 2. Parler de soi.

Tu l’auras compris, il n’est pas question ici de parler de moi pour parler de moi, mais plutôt de m’appuyer sur un vécu, qui n’est que le mien (mais c’est évidement toujours plus facile de s’appuyer sur son propre vécu que sur celui de la voisine, même lorsque nous sommes psy), pour alimenter et questionner ta propre psyché.

En revanche, je ne peux que t’inviter à prendre également des notes sur toi-même. L’écriture a un effet cathartique et il est toujours bon de faire l’expérience d’exprimer, d’une façon ou d’une autre. Il est bon d’évacuer certaines choses (c’est ça… exactement comme l’image que tu viens d’avoir à cet instant).

Sur cette image plus vitale que poétique, je te souhaite bonne lecture.