Le dysfonctionnement érectile : Que faire lorsque l’érection nous fait défaut ?

Me vient le souvenir d’un couple, il y a de ça 3 ans environ. D’apparence amoureux, ils cumulaient, l’un comme l’autre, énormément de rancoeurs.

Le délit (des-lits) ? Plus de relation sexuelle !

L’objet du délit ?

Le pénis dans toute sa mollesse !

Le coupable ? Le mari !

Bien évidemment tout cela était resté sous silence. Plongé dans un marasme de reproches passées sous silence, ce couple s’en est allé chez le psy : « dernière solution et dernière chance avant la séparation ».

Sitôt installés sur le divan, ils me content l’un et l’autre – l’un contre l’autre – leurs impatiences et leurs frustrations : disputes à répétition, éloignements, suspicions d’adultères (oui, au pluriel) et autres réjouissances qui venaient ternir le quotidien de ce couple. Je comprends évidemment qu’il n’en a pas toujours été. Couple amoureux et fusionnel, ils ont chaviré lorsque monsieur pris son nouveau poste, ainsi que les responsabilités qui s’y rattachaient. Il me fallu un peu d’humour et de sympathie (toujours !) pour avoir leurs confidences sur les aspects sexuels de leur relation. (Note : Vous seriez surpris des inégalités qui existent entre humain dans la facilité à parler ou non de sexualité… quant à moi, je m’adapte au discours de l’autre, sitôt prude (ceci est un mensonge), sitôt grivoise, voir obscène).

Moi : « Je comprends que cela soit difficile pour vous. Vous êtes tout deux dans l’incompréhension et donc le reproche. Pourtant vous vous aimez. Vous le dites, et cela se voit. Il est certain que vous traversez une crise, et la batterie symptomatologique du conflit de couple vous accompagne. Du moins, elle se colle à vous et vous la trainez comme un boulet. Pour autant, le conflit a parfois du bon en cela qu’il force à dire les choses et, surtout, la réconciliation n’en est que plus savoureuse. Qu’en est-il de votre sexualité ? »

Je comprends que le problème se situe exactement ici.

Elle : « Marc ? M’autorises-tu à en parler ? Je sais que tu n’y tenais pas à la première séance, mais c’est peut être important ?! Voilà, le problème c’est que nous n’avons plus de relations. Je veux dire… sexuelles. Il ne se passe plus rien depuis un moment… mais ce n’est pas grave. Depuis que Marc a commencé son nouveau poste, il est anxieux. Il a peur de ne pas être à la hauteur avec ses agents. Il a peur qu’on le prenne pour un rigolo. Vous savez, il gère des gens maintenant. Une équipe de cinq personnes, ce n’est pas rien ».

Moi : « Oui, en effet, ce n’est pas rien. Quels effets ces nouvelles responsabilités ont-elles sur votre couple ? »

Elle (toujours) : « Et bien, je ne sais pas comment on peut appeler ça… c’est un peu délicat… disons que je ne l’excite plus… »

Lui : « Mais non ce n’est pas ça… »

Bon, disons qu’il ne bande plus, ou moins, ou moins longtemps. Le docteur Leleu constate, tout comme ici, que la femme se veut souvent être rassurante et gentille ; ce qui évidemment ne rends pas pour autant sa vigueur à l’homme. Bien au contraire, elle l’infantilise. Les troubles de l’érection sont humiliants sur le coup. Ils se révèlent bouleversants pour l’homme et, in fine, pour le couple, lorsqu’ils se prolongent. L’homme désespère de ne pas pouvoir jouir et de ne pas pouvoir faire jouir sa partenaire.

Le Dc Leleu nous rappelle que « Les moyens de combler une femme sont infinis tant celle-ci est riche de multiples sites érogènes au niveau de sa peau, de ses seins, de sa vulve, sans oublier son clitoris, si généreux qu’il lui offre à tous les coups – si j’ose dire – l’extase. Mais le mâle n’a qu’une idée : faire jouir le vagin, c’est pourquoi en cas de panne il est très démuni. » Le malheur du mâle étant de croire qu’il n’a que la force de son pénis pour combler sa femme.

La prescription est simple :

  1. Dans un premier temps, l’homme doit combler sa partenaire grâce à « des « caresses vaginales », qui consistent à stimuler avec les doigts les différents points de la « constellation vaginale » ». (Nous verrons cela lors d’un prochain article).
  2. Aussi devons nous réorienter de mauvaises cognitions (pensées) : l’homme doit comprendre que, si l’intromission vaginale l’obsède, il n’en est pas de même pour la femme. Cette dernière raffolant « être prise dans les bras, serrées, caressées et enveloppées de mots d’amour»… il n’y a plus qu’à !
  3. La femme, quant à elle, doit reprendre le pouvoir (Et, si vous avez l’image « girl power » d’anciennes Hit-girls, nous nous en contenterons… si non, je vous invite à lire mon article « Femmes, reprenez le pouvoir ! »).

Le Dc Leleu, dans son ouvrage « Confidences d’un sexologue » nous dévoile avec simplicité et efficacité un « flyers » qu’il déposait généreusement dans les salles d’attente et autres lieux publics (mairies, salles paroissiales, halls etc.). Je m’autorise aujourd’hui à le déposer sur ce blog, et c’est avec plaisir que je vous laisse découvrir cette Ode à l’amour…

« PROTOCOLE D’ASSISTANCE À MÂLE EN PÉRIL

LE RÔLE MAJEUR DES FEMMES

Face à une panne, la femme peut achever un mâle ou le sauver, être la meilleure alliée de la sexualité masculine ou sa pire ennemie.

Mais voyons d’abord comment la femme prend la chose. Ce qu’on croyait être un drame pour l’homme se révèle être un drame pour elle : « S’il ne bande plus, c’est que je ne suis plus bandante », traduisez « désirable », « séduisante ». Alors que l’homme désespérait de n’être plus suffisamment homme, voilà que c’est elle qui désespère de n’être plus suffisamment femme. Et l’homme qui souhaitait être rassuré et consolé, il lui faut la sécuriser et la cajoler : « Ma chérie, tu es plus attirante que jamais. Oui tu es parfaitement femme. Et tu es la meilleure des amantes. C’est moi qui suis fatigué. »

Alors le visage de la femme s’éclaire et elle décide de s’occuper de l’homme. « Ce n’est pas grave, mon chéri, tu travailles trop. Si ça ne va pas ce soir, ça ira demain ! »

Le malheur, c’est que l’homme n’a pas envie d’attendre demain pour voir s’il est encore un homme. Son attitude et sa mine montrent à l’évidence que ce qui est pour elle un incident est pour lui une catastrophe. Quant à son discours, il ne trahit pas moins qu’une véritable angoisse existentielle. Elle comprend alors que si ça ne se remet pas en marche ce soir, c’est la nuit blanche assurée et l’humeur noire jusqu’à perpète. C’est le moment de se remémorer ces articles de la presse féminine à propos de la panne : « Prenez ça au sérieux, l’homme est tout entier dans son zizi. Une pane est terrible pour lui. »

Alors la fibre maternelle de l’aimante vibre. « Tu as dit maman bobo ? J’arrive. » Sauf qu’il lui faut se comporter à l’inverse d’une mère qui, elle, pratique la répression face aux activités péniennes de son garçon et veut tout ignorer. Qu’importe, la voilà qui entreprend un branlage de la verge assoupie avec compassion, tendresse et, qui sait, un soupçon de désir.

Du va-et-vient, elle croit tout savoir. Mais la femme n’a jamais été dans la peau d’un homme. Elle ne connaît ni la subtilité des mouvements, ni l’intensité, l’amplitude, le rythme. Bref, la femme qui croit bien faire confond en réalité la verge de son amant avec un pis de vache ; ses mouvements « de traite » se révèlent inadéquats. Bientôt elle s’étonne que la verge ne s’érige pas majestueusement. Elle se fatigue, elle se lasse. Et lui n’ose pas expliquer ce qui ne va pas et comment elle devrait s’y prendre. Mais si les manœuvres féminines ne l’ont pas fait bander, elles l’ont un peu plus excité. Pas question d’arrêter et de remettre ça à demain, comme il sent bien que la femme le souhaite.

Il a l’air si dépité et dans une telle attente qu’elle décide de changer de tactique. N’écoutant que son bon cœur, elle porte sa bouche sur le pénis. Celui-ci apprécie, frémit, frétille et se tend enfin vers le palais de la ravissante charmeuse de serpent. « Oui ma chérie, oui, continue ! » C’est vrai que c’est pas mal, mais il manque quelque chose pour que ce soit parfait et radical. La verge s’essoufle. Madame aussi. Son cou lui fait mal. Elle relève un peu la tête et la verge pique du nez. « Chérie, on va dormir… »

Il voudrait lui dire comme améliorer sa technique, mais il n’ose toujours pas. Elle, elle est fatiguée, elle considère qu’elle a fait le maximum, elle arrête. Lui pense qu’après tout, c’est lui le coupable, l’incapable. Il est tellement excité qu’il voudrait se branler, pour ne pas rester comme ça en suspens, pour se soulager. Il n’ose pas non plus. Mais en lui-même, il se dit : « Si j’avais mis aussi peu d’application, si j’avais consacré aussi peu de temps à caresser ton clitoris ou ton point G, tu n’aurais jamais joui. » Amer ? Oui ! Il y a de quoi.

Voilà ce qu’est la triste réalité. Voici ce que je préconise pour réanimer une verge en panne :

  • D’abord, la femme ne doit pas penser qu’elle n’est plus désirable, ce qui est rarement le cas. Et si elle le pense, qu’elle décide d’être plus sexy et de devenir experte en matière d’érotisme.
  • En revanche, il lui faut considérer que son homme est dans une situation plus douloureuse qu’elle ne le croit. Que si les femmes peuvent simuler, les hommes, eux, ne peuvent pas tricher : leur infortune est exposée à la face du monde.
  • La femme doit rassurer son homme, lui dire qu’il y aura forcément une solution au problème, que la virilité ne se mesure pas à la raideur du pénis et qu’elle l’aime pour ce qu’il est et pas pour son érection.
  • Ensuite, elle entreprend les grandes manœuvres. Tout d’abord, caresser et embrasser l’ensemble du corps de son aimé – le troisième cercle (c’est à dire la surface de la peau située hors du sexe. Le deuxième cercle est la surface voisine du sexe) – pour le détendre, l’apaiser, faire baisser son taux d’adrénaline. Un massage du cuir chevelu, ou du dos ou des pieds, c’est radical question adrénaline.
  • Ensuite, l’amante va s’ingénier à stimuler avec les doigts et avec la bouche les points érogènes du deuxième cercle, en particulier celui du périnée, tel le fameux point H (qui se trouve à mi-distance entre la racine de la verge et l’anus). Puis elle va passer aux points les plus érogènes du pénis: les points A et B situés sous le fût à son implantation pour aboutir aux points le plus exquis du gland, le frein et la couronne.
  • Tout cela, que la femme le fasse par jeu en disant à son ami : « Ecoute, on s’amuse bien, profite bien de chaque plaisir mais ne cherche pas à bander, ça se fera tout seul. » Qu’elle le fasse au mieux, bien centrée sur ses gestes et ses sensations, attentive aux réactions de l’homme et avec subtilité. Qu’elle passe le temps qu’il faut. Surtout qu’elle ne bâcle pas !

Quand le corps de l’aimé baigne dans le plaisir, elle peut « attaquer » le branle. Elle le pratiquera dans les règles de l’art, sans automatisme, avec ferveur, en sentant bien ce qu’elle a sous les doigts, en faisant glisser le prépuce sur le gland, en modulant les pressions (un peu plus fortes sur la hampe, un peu plus légères sur la couronne du gland), en alternant les amplitudes du mouvement de coulissage (plus ou moins bas sur le fût, plus ou moins haut sur le gland). Pas trop vite, mais dans un tempo soutenu, en accélérant au cas où l’orgasme s’annoncerait. En tout cas sans interruption. Que la femme écoute son instinct, qu’elle redevienne la femme sauvage.

Bien entendu, si au cours d’une de ces étapes la verge présentait une fermeté durable, les amants pourraient tenter de l’introduire dans le saint des saints ; en général, quand elle y est, elle se réjouit et l’affaire est dans le sac. Si l’érection ne tient pas ou a fortiori ne se produit pas, il faut passer à l’étape suivante, le baiser pénien ou fellation, que la femme exécutera à la perfection, de tout son cœur, de toute son âme, en tout cas sans automatisme, avec gourmandise et délectation. Que ce soit pour elle un régal.

En réalité, la perfection c’est d’associer des mouvements de branle avec les doigts sur le fût et des mouvements de coulissage et de succion avec la bouche sur le gland. Cette association constitue ce qu’il y a de plus fort pour réveiller un pénis, surtout lorsqu’il a été préparé par tout ce qui précède. Et toujours sans se presser, sans être tendu de façon obsessionnelle vers la bandaison.

Le femme doit savoir qu’un pénis à demi érigé, voire flaccide, peut s’introduire dans le vagin dans certaines positions, en particulier dans la position d’Andromaque : la femme à genoux et à cheval sur les cuisses de l’homme, a la vulve qui bâille et l’orifice du vagin qui s’ouvre. Elle peut, de ses mains, prendre le pénis, le placer et le pousser dans son ouverture, puis faire des petits mouvements de haut en bas avec son bassin afin d’amorcer des petits coulissements du gland. C’est bon pour tous les deux : pour la femme dont l’entrée du vagin est sensible et le point G à guère plus de quatre centimètres ; et pour l’homme dont le gland est doucement caressé par les muqueuses vaginales. Bien souvent, la verge, ravie de retrouver l’endroit du monde où elle se sent le mieux – et soit dit entre nous qui est fait pour elle -, se redresse de bonheur. Les quelques mouvements de va-et-vient qui vont suivre vont confirmer sa résurrection. Et c’est reparti. A l’intérieur, les sexes n’en finissent pas de se congratuler. A l’extérieur, les sourires qui épanouissent les visages valent plus que les plus belles phrases. Bien entendu, l’attitude de la femme lui vaudra la gratitude infinie de l’homme dont un souper aux chandelles et au champagne ne sera qu’un épisode ; quant à la femme, elle sera habitée de la fierté inégalée d’avoir sauvé un homme.

Si le miracle d’Andromaque ne s’était pas produit, il reste à la femme – à qui j’apprends qu’une verge à demi molle peut quand même aller jusqu’à l’éjaculation – à poursuivre sa branle, combinée au baiser pénien. Ce qui ne manquera pas de rendre sa bonne humeur à l’homme.

Enfin, quand rien n’a marché, la femme avertie peut tirer de sa manche deux atouts : un, l’érotisme anal, un doigt dans l’anus peut offrir des plaisirs valables, voire un orgasme, et même déclencher une érection. Deux, le massage de la prostate : arme secrète de destruction massive de la mélancolie masculine, elle provoque des plaisirs rigolos et même des orgasmes.

On croit de nos jours que, grâce au Viagra et compagnie ou à l’injection intracaverneuse, les hommes sont suffisamment armés pour se passer du secours des femmes. Mais ces traitements ont des contre-indications, privant beaucoup d’hommes de leurs bénéfices. Et puis la bandaison n’est pas qu’un problème de tuyauterie et la relation sexuelle est aussi et surtout une relation humaine ; aussi le rôle des femmes sera-t-il toujours central et précieux. »

Voilà un long texte, je le conçois, que les plus intéressés et intrigués auront eu le courage de lire. Une fois encore, je n’ai aucun mérite, remercions le Dc Gérard Leleu pour sa clairvoyance et ses bons conseils.

Revenons en à notre couple de départ. Un peu de principe de réalité et de bons conseils sur les « techniques » et « jouissances » à adopter leurs ont donné du « baume au cœur ». La femme se sent plus femme. L’homme se sent compris… et disons le, il a hâte de mettre en pratique les exercices délicatement dictés.

Évidement, la thérapie ne s’arrêta pas là… tout cela serait trop simple ! La femme a dû entreprendre un long travail thérapeutique pour trouver confiance en elle et se sentir plus « chatte », plus séduisante, plus femme, et plus « putain ». Nous avons dû détisser ensemble les rouages de son enfance. Parler de ce père alcoolique et maltraitant. Aborder le viol parental dont elle a été témoins à l’âge de 9 ans. Elle a appris à dissocier, au fil de nos séances, la « bestialité » charnelle de l’acte sexuel et la violence illégale, et punissable, de son père. Elle a compris que son mari n’était pas son père. Elle a surtout compris qu’elle méritait de désirer, d’être désirée, et de prendre du plaisir. C’en était fini de l’alliance inconsciente à la souffrance de sa mère, qui s’était interdit de ne plus jamais se remettre avec un homme puisque « tous des salops ».

Aussi, il fût important pour le couple d’apprendre à communiquer autrement. Ces mois de distances et de disputes à répétitions les avaient ébranlés (n’y voyez aucun jeu de mot) et ils ne savaient plus comment se parler sans se blesser. Légitimes tous les deux dans leur mal-être, ils ne savaient plus parler d’amour. D’ailleurs ils ne parlaient plus tout court. Ils ont réappris (nous verrons lors d’un prochain article comment mieux communiquer son amour).

Source : « Confidences d’un sexologue », du Dc Leleu

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